L’attente

On peut dire que Bulysse nous a vraiment lâché cette fois. Définitivement peut-être. On n’a pas mis longtemps pour se dire que cela ne mettrait pas pour autant fin à notre projet, et que nous allions continuer. On a vite refusé le rapatriement proposé par l’assurance.

A l’heure où j’écris, nous ne savons pas encore comment poursuivre notre mission. A vélo ? Trop difficile pour Opale. A pieds, par les transports locaux ? C’est une option, mais reste la question du logement. Louer un autre véhicule ? se pose la question du coût. A cheval ? en trottinette ? En patins à roulettes ?…

En attendant, on tue le temps, dans une zone industrielle, coincés entre une décharge de véhicules, la poste allemande, un garage de poids-lourds, des usines en construction. Les mouches de la décharge ont envahi le véhicule. On est au milieu de la forêt, à 13 kms de la première ville. On sort les jeux de société, le badminton, on fait du vélo, mais le moral cette fois n’y est plus.

Personne n’est d’accord sur la façon de continuer.

S’ajoute des problèmes de batteries vides, ne nous permettant plus d’avoir d’eau chaude, de faire fonctionner l’électroménager. On mange froid, on se lave à l’eau froide. Et on attend toujours le rapport de l’expert, qui dira où le bus est envoyé pour être réparé.

Immobilité imposée. Au milieu d’un road trip. Cela me rappelle le premier confinement où tout s’est arrêté, la vie sociale, le travail, l’école. Plus de liberté de se déplacer.

Chacun le vit à sa façon. Certains s’activent, d’autres regardent les heures passer, allongés sur leur lit. Nous avons cependant fait la rencontre d’Alain, français vivant depuis 60 ans en Allemagne, qui a son entreprise à côté. Il nous a apporté des petits pains samedi matin, fournit de l’eau et de l’électricité. Il rend notre quotidien moins dur.

Pas de conclusion à cet article, à l’image de cette période entre parenthèse, dont on ne connaît pas la fin.

 

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