Donner du sens au voyage

Pas si simple de faire adhérer cinq enfants à un projet dont ils ne sont pas les initiateurs.

Pendant près de deux ans, nous en avons parlé. Les plus jeunes, souvent plus adaptables par leur âge, ont tout de suite été très emballés. Pour Opale, 12 ans, le voyage est synonyme de bouleversements, d’imprévus, ce qui la sort de sa zone de confort. Quant aux deux ados, ce fut d’abord le rejet total. Mettre entre parenthèse leur vie sociale, à cet âge, est un énorme sacrifice, et on le comprend. Et partir l’année de 1ere, avec le BAC français à passer, autant dire que là, on a eu droit à bien des remarques et reproches de l’éducation nationale: nous mettions à mal leur avenir tout entier et leurs chances de réussite professionnelle !

Mais combien de grands personnages ne sont pas passés par l’école, ont appris autrement, ont réussi sans passer par le système tout traçé de l’école? Des tas ! Nous savions que, en sortant des cases, le projet ne serait pas forcément accueilli favorablement par tous.

Mais une telle aventure leur apportera tant de choses, en expériences, en rencontres, en souvenirs. Impossible de l’évaluer par avance. Nos promesses pourront-elle être tenues? Nous n’en savons rien nous-même.

Nous avons il y a un an, participé à un rassemblement de familles de grands voyageurs, et nos ados ont passé le WE avec des jeunes de leur âge rentrant de leur tour du Monde. Il n’a pas fallu deux jours pour les convaincre que cette expérience serait unique, et leur apporterait bien plus que de rester sur les bancs de l’école.

Avant de partir, nous avons à nouveau participé à un rassemblement de voyageurs. L’occasion pour nos enfants d’échanger sur leurs peurs, leurs appréhensions, de questionner ceux qui rentrent.

Mais le voyage est principalement tourné vers un objectif professionnel qui parle peu aux enfants. Si bien que ces derniers jours, nous nous sommes rendus compte que notre ainé ne parvenait pas à se mettre vraiment dans le voyage, ne se sentait pas véritablement concerné.

L’idée d’un fil rouge pour chacun est venue. Un thème qui les motive, qui sera pour moi qui organise les déplacements un moyen de me concentrer sur ce qu’ils aiment. Désormais, en plus de tenir compte des visites de partenaires, ONG et acteurs sociaux, je chercherai des lieux insolites pour Ceylian, des lieux de créatures légendaires pour Maya, me dirigerai vers la nature pour Olympe, les animaux pour Malo. Quant à Opale, elle a trouvé un thème qui lui va bien: les jeux et jouets des pays que nous visiterons.

Les enfants auront ainsi “leur” voyage à eux, un thème qu’ils pourront dérouler également pour “l’école”.

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